Cannes 2014: les gagnants avant l’heure

Alors qu’ici à l’Agence nous étions pratiquement en train de sombrer, submergés par ces quintaux de nouveaux sujets qui ont payé à notre président le haras en Normandie dont il rêvait, Kévin, notre increvable stagiaire à décidé de briser le silence studieux de l’open-space en s’exclamant :

« Le Mondial on s’en cogne, mais Cannes commence dans une semaine alors faut faire nos pronostics !! »

Et bien croyez moi si vous voulez, mais ce matin là, pour la toute première fois, quelqu’un écouta Kévin, et ce quelqu’un ce fût moi. Mimant de continuer à écrire consciencieusement le mail que j’avais commencé à rédiger, j’ouvris ainsi un doc Word et plaçai ces quelques mots dessus, histoire de cette année encore tenter ma chance à ce grand jeu de Turf publicitaire.

Merci Kévin d’avoir su rallumer la flamme (ce blog inerte te doit tout).

Rentrons dans le vif du sujet, cette année encore, les grandes causes seront sûrement à l’honneur, tant 2013/2014 aura été prolixe en termes de nouveaux angles d’attaque susceptibles de sensibiliser le public:

  • Comme avec le film néo-zélandais pour la prévention routière signé Clemenger BBDO qui nous rappelle que ce n’est pas pendant mais avant qu’on fait le choix d’être prudent :

  • Comme le film web « most shocking second a day video » réalisé par Unit 9 aux UK pour l’association Save The Children et qui a su sensibiliser le monde entier au sort des enfants syriens en le passant au prisme du quotidien d’une jeune fille britannique:

  • Et bien sûr comme le projet « dear future mom » signé Saatchi&Saatchi Italie au profit des enfants trisomiques, que le jury devrait très logiquement récompenser:

Le point commun entre ces 3 campagnes : On préfère démontrer plutôt que de donner des leçons.  En mettant le public au centre de la cause, de la tension, de la crise, et par tous les moyens, en lui permettant de se projeter afin de mieux  comprendre et de s’engager.

D’ailleurs dans une moindre mesure on peut aussi noter que le même levier a été activé cette année au profit du sauvetage en mer, en France comme en Suède. Au moyen d’un film pour les suédois de Forsman & Bodenfors et d’un site en scroll infini par CLM BBDO pour la France. Les deux nous permettant d’assister à notre propre noyade afin de mieux se rendre compte du risque encouru.

Et ce fût aussi le cas avec ces nombreuses campagnes de sensibilisation aux méfaits d’Alzeihmer ayant elles-aussi vocation à nous faire ressentir de l’intérieur le désarroi d’un malade : signé N=5 aux Pays-Bas (à voir ici) et plus près de chez nous CLM BBDO (à voir ici) et Proximity BBDO (à voir ici).

Une tendance persiste, cette année encore , le prix du meilleur film risque de revenir à un film web, avec comme favori celui de l’agence suédoise Forsman & Bodenfors dont le spot Volvo Trucks avec Jean-Claude Van Damme (Epic Split) est probablement le film publicitaire ayant le plus fait parlé de lui cette année (d’ores et déjà le film publicitaire auto le plus vu sur Youtube de l’histoire).

Forsman & Bodenfors - Volvo Trucks - Epic Split - Jean-Claude VanDamme

Sinon, le film web Duracell « Trust Your Power », ode à Derrick Coleman réalisé par Saatchi&Saatchi New-York devrait lui aussi bénéficier des colossales RP qu’il a généré et au moins rafler la mise en Brand Content.

Autre film web ayant créé l’évènement cette année le « first kiss » d’inconnus finalement revendiqué par la marque américaine de vêtements Wren pourrait continuer à faire parler de lui. En revanche, aucune agence n’y ayant véritablement collaboré, il n’est pas sûr qu’il soit  finalement présenté, et tout comme Félix Baumgartner l’année dernière (dont RedBull n’avait pas  souhaité envoyer la campagne), il pourrait finalement être le grand absent du palmarès.

Sinon, en ce qui concerne les productions film plus classiques, la palme du WTF reviendra probablement au spot déjanté pour la série limitée Barely Wine de la marque de bière argentine Andes (signé  Del Campo Saatchi )

Côté outsider, la campagne de détournement des pré-rolls de  Colenso BBDO pour Burger King pourrait elle aussi séduire le jury par son utilisation originale du média.

Côté français, beaucoup d’envois probables mais pas beaucoup de campagnes qui émergent, on peut tout de même estimer que le dernier carré Milka de Buzzman obtiendra les faveurs du jury, tout comme peut être les campagnes Print minimalistes de BETC pour Canal+ ou bien de TBWA pour McDonald’s (http://bit.ly/1qXJtg3 et plus récemment http://bit.ly/1lVCzks ), même s’il n’est pas certain qu’elles puissent toutes être envoyées dès cette année. Le print minimaliste semble ainsi être devenu une nouvelle spécialité française qui sera peut être au moins récompensée en kraft…

On notera finalement qu’Ogilvy Paris et sa bouteille Vittel connectée dont le case study vient judicieusement d’émerger devrait pouvoir jouer une belle carte aux côtés de la raquette connectée Babolat (d’ores et déjà shortlistée en Innovation). Ogilvy confirmant ainsi son grand intérêt pour les objets connectés de toutes sortes.

Les paris sont faits, la parole est aux jurés.

Espérons juste que  cette année les jurys auront la politesse de ne pas refiler pratiquement la moitié de leurs Grands Prix à la même campagne (no offense « dumbs way to die »).

Sinon c’est décidé, si cette année l’Agence gagne un lion, on passe Kévin en CDD !