Cannes Lions 2013: le défilé

mi-festival il est temps de tirer un premier bilan de ce climax de la saison publicitaire.

Cannes Lions 2013

Cette année, plus encore que les années précédentes, une vraie typologie (trans-catégories) du Lion cannois semble apparaitre:

# Le Lion ne vend plus, le Lion préfère défendre, protéger, sensibiliser  (maladie orpheline, don d’organes, accidents de la route, accidents domestiques, dons du sang, protection de la nature, mariage pour tous, aucune belle cause ne nous aura été épargnée).

A la clé, 70% des Grands Prix décernés à une bonne cause: « Dumbs Ways to Die » de McCann Grand Prix en PRDirect et Radio – TXTBKS de DDB en Mobile – Imortal Fans d’Ogilvy en Promo & Activation.

 # Le Lion n’hésite plus à se faire plaisir, n’oublions pas que l’une des campagnes françaises les plus primées en 2013 sera une vidéo musicale (une réalisation de CLM BBDO pour l’artiste ALB déjà détentrice d’une tripotée de statuettes en Direct, Promo & Activation et Cyber). Alors ne vous passez plus la rate au court bouillon avec vos clients au Marketing un peu grincheux et rappelez-vous que contrairement à eux,  Oasis, Arcade Fire et Jay-Z ont déjà gagnés des Lions.

Sinon se faire plaisir c’est aussi savoir capitaliser sur les forces en présence, comme pour les voeux de Publicis Group mis en scène par Digitas et mettant à contribution le CEO Maurice Lévy en personne. De quoi décompresser un peu en s’amusant aux côtés de son « top-top-top-top manager« , le tout en plus salué par un Lion de Bronze en PR.

# Le Lion aime le CocaCola, et si la multinationale d’Atlanta à été élue « marketer of the year » cela ne doit rien au hasard tant elle inspire les publicitaire de tous bords (près de 100 campagnes Coca envoyées à Cannes cette année avec même un site dédié pour toutes les retrouver).

Et une fois de plus l’empreinte laissée par Coke dans le palmares est colossale, parmi les campagnes primées les plus notables, on retiendra alors la Sharing Can d’Ogilvy Paris Gold en Design (et finalement aussi Gold en Promo & Activation après d’âpres discussions) ainsi que la Small World Machine de Leo Burnett Sydney, Gold en Direct.

La fête n’est pas encore terminée:

Mais Dieu que  la fête aura été belle, car avec le Grand Prix obtenu par Ogilvy Paris pour IBM, la France pourra pour une année encore s’enorgueillir d’être aux avant-postes de la communication, l’honneur est sauf.

IBM Ogilvy Paris - Outdoor Grand Prix - Cannes Lions 2013

Le revers de la médaille:

Cette constante évolution du festival qui en démultipliant les catégories incite les agences à devenir parfois plus créatives dans leurs case-study que dans les campagnes elles-mêmes (histoire de rentrer dans un maximum de catégories). Au risque que parfois plus de gens soient soumis au case qu’à la campagne en question…un comble.

Ce qui rend en outre  l’après Cannes assez difficile au moment d’expliquer à des annonceurs encore tout excités par ce qu’ils ont vu que leurs contraintes opérationnelles (et parfois même juridiques) ne leur permettront jamais de « se payer » ces campagnes.

Il est en effet important de s’assurer qu’ils gardent à l’esprit que Cannes reste une vitrine (pas un catalogue).

Catwalk Worst

Le festival est comme un défilé de haute couture: on y voit des robes que pratiquement personne ne porte mais cela permet de mettre en avant les talents du créateur afin de vendre plus de sacs et de parfums.

Le mot de la fin à Fred & Farid qui dans leur récente interview à Shots ont parfaitement résumé cette ambiguité cannoise:

 It takes too much time. It costs too much money. Most of the winners cheat at some point, with special versions, format, inscriptions in all categories, fake results, friends in the jury… But it’s like using EPO in Le Tour de France you have to embrace the system or your team will lose. Also, winning a Grand Prix is an orgasm.

Le défilé continue!