Pardon pour la pub

L’autre jour à l’Agence un client peu enclin à la modestie s’est exclamé au sujet de sa dernière campagne TV:

Au prix que j’paye à la seconde je ne vais quand même pas m’excuser d’être là !

Je suis resté coi.

Car bien sûr qu’on doit s’excuser d’être là. Bien sûr qu’être intéressant c’est le moins que l’on puisse faire pour se faire pardonner d’interferer dans le quotidien de millions de français qui initialement n’avaient rien demandé.

Comme le soulignait très justement Wieden+Kennedy Amsterdam dans sa fameuse présentation How (not) to Fail , le pire pour un publicitaire c’est de considérer comme acquis le fait que ce qu’il a à raconter intéresse les gens et ne les dérange pas le moins du monde.

Weiden Kennedy - ASSUME THE'RE INTERESTED - How (not) To Fail

La réalité c’est que malgré tous nos efforts la majorité de la publicité est toujours une publicité d’interruption (du spot TV au pré-roll Youtube) et que dans ces conditions pertinence et excellence créative devraient toujours être de mise.

De là à ce que chaque coupure pub ressemble à celles du Super Bowl il y a bien sûr un gap (que nous ne franchiront probablement jamais), mais garder à l’esprit le vécu de ceux qui consomment vraiment nos campagnes (et des conditions dans lesquelles il le font) devrait quoi qu’il arrive demeurer au centre de toutes nos réflexions.

Car la réalité de la publicité la voici. Finale de TopChef 2013, une seconde avant la révélation du grand gagnant, la 5ème coupure pub de la soirée, voici comment l’audience l’a vécue:

Coupure Pub - Finale Top Chef 2013 - M6

Ne jamais oublier que l’on dérange, ne jamais oublier qu’on se doit d’être intéressant.