Love, Hate & Advertising

L’autre jour alors que je me pavanais à une terrasse de café boulonnaise près de l’Agence, je suis tombé nez-à-nez avec toute l’équipe d’Imadgine (un blog français fondu de création publicitaire).

L’alcool aidant, j’ai commencé à tailler le bout de gras avec eux et à parler des campagnes récentes qu’on aimait bien. Une vraie bonne discussion de publivore tendance workaholic (voire simplement alcoolique).

Mais hélas nous parlions un peu fort et un concurrent ulcéré par notre façon ostentatoire d’aimer le travail des autres s’est alors permis de nous interrompre.

« pffff…non mais vous bossez où pour parler comme ça? Cette campagne c’est une chiure, avec mon agence on était sur le pitch et ce qu’on avait proposé était beaucoup mieux. La réal est à se pendre et y’a pas d’idée, rien! C’est un client de merde pour une agence de merde.« 

Nous venions ainsi de nous faire « troller IRL«  par un magnifique spécimen de « Hater Publicitaire« , et tout abasourdi que j’étais encore par cette diatribe aussi violente qu’inattendue je restais sans voix, laissant à l’ami Imadgine le soin d’éconduire l’insolent. L’incident terminé, et au vu de la surprise qui se lisait encore sur mon visage, mes compères de comptoir décidèrent alors de m’initier à leur « science du hater » (fruit de nombreuses années d’observations in-situ sur Twitter). Une connaissance profonde du daubeur publicitaire qui leur permettait aujourd’hui de prendre avec philosophie toute contreversse sucitée par un hater d’agence.

La clé étant de les comprendre et de savoir les différencier.

Typologie du « Hater Publicitaire«  (13 manières de  dénigrer gratuitement le travail des autres sur Twitter):

#1 Le ChronomHate : « #OOOOLD cette campagne est complètement dépassée, elle est sortie il y a au moins 1 jour… »

#2 Le Frustr-Hater : « Non mais sérieusement regarde cette publicité, c’est exactement ce que l’on a fait pour les chaussons Plux il y a un an. Et regarde celle-ci ! Merde ! C’est la copie-conforme de notre campagne pour la mairie d’Ivry !!! »

#3 Le Gilles de la Tour-Hate : « Enflures de losers de merde! Vous copiez comme des putes et c’est à chier pauv’raclures ! Bite! »

#4 Le SpeedHater : « #Nul »

#5 Le Hater au Chômage : « Campagne Nul à chier de la part de @FBWO ! Si vous me lâcher un CDI je vous montre ce qu’il fallait faire »

#6 Le DeumeurHate : « L’ours de Canal+ c’est de la merde, alors suffit de mettre un ours et tu gagnes un lion…pfff!! »

#7 Le Hater par Procuration : «  +1 RT @JimboJ L’agence TBDDBO pompe les idées de tout le monde, c’est moche… »

#8 Le Del-Hater: «  Leur dernière campagne est la copie conforme d’un spot Pampers de 1976 cc. @Joelapompe »

#9 Le Hater Auto-décrédiblisé : « Fuck les agences suivies par des bots et qui forcent leurs employés à faire tourner leurs campagnes! Please RT !!! Je Followback! »

#10 Le Hater pro-Agence : « La marque n’a rien pigé ! Quel client pourave, je suis sûr que le brief était à chier, désolé pour l’agence qui à dû subir ça…c’est nul!»

#11 L’Organiz-Hater : « Cette campagne est ridicule ! Rejoignez la FanPage que j’ai créé spécialement pour cette daube: www.facebook.com/CampagneTropNaze »

#12 Le Quote-Hater : « Je ne vois pas du tout l’intérêt de cette campagne car comme disait Jean Philippe Smet dans son livre les guitares de Séoul, on devrait toujours privilégier le takeout à l’input, n’est-ce pas? »

#13 Le Planneur : « Je viens d’écrire un #NewBlogPost dans lequel je dis que les Haters sont au moins autant à chier que les trous-du-cul de chez Wieden&Farid+Porter: à lire sur www.leplanneur.com »

#…

Maintenant que j’y vois un peu plus clair je ne m’offusque donc plus des petites piques de hate du pubard, pire, parfois même je m’en inspire (et que celui qui n’a jamais « hater » me jette le premier com’).

Encore merci à @IMADGINE_ à qui nous devons cette étude approfondie du « hate » publicitaire qui nous rappelle à juste titre que la critique ne vaut vraiment que si elle est argumentée.