Des consommateurs qui pensent trop.

A chaque brief  la question revient, entêtante:

Qu’est-ce que nos consommateurs peuvent bien penser de notre produit en ce moment  ?

Le rêve de tout publicitaire (qui plus est celui des planneurs) est en effet de se glisser subrepticement dans l’esprit de ses clients afin d’entreprendre cette difficile projection où du fond de son building parisien, l’homme d’agence pétri de certitudes va essayer le temps d’un projet de se prendre pour une « mère de famille primipare vivant dans une agglomération de moins de 100,000 habitants à la recherche de produits de qualité pour subvenir aux besoins de son foyer« .

Voilà ce qu’ils vont se dire après avoir vu notre campagne !

Du « ce qu’ils pensent » au « ce qu’il vont penser » il n’y a alors qu’un pas parfois franchi  sans étude préalable, au doigt levé dans une pluie d’insight improvisés et calibrés pour satisfaire le client (de quoi en rire sur: « things real people don’t say about advertising« ).

Et nous voici embarqué avec cette consommatrice qui sonne faux, habillée des mots d’un homme qui ne la connait pas. Un travers, un raccourci, une sale habitude, où quand l’intuition et la projection l’emportent sur la vérité et la connaissance consommateur…mais par chance, bien sûr, ce n’est pas toujours le cas.

Et puis sortons un peu de la critique et des reproches pour nous poser une question simple:

N’est-il quand même pas super sympa ce cerveau de client dans lequel tout se passe comme il faut?

Comme dans celui du client McDonalds imaginé par TBWA/Paris qui hésite tellement entre les 2 variétés du 280 qu’il ne sait pas laquelle choisir.

Ou bien celui de ce couple de trentenaires dépeint par Hémisphère Droit à qui quelques fraises Tagada donnent envie de prendre un bain habillé:

Ou alors sinon comme ce fan inconditionnel de Renault Service mis en scène par Publicis Dialog, qui en apprécie tellement les prestations qu’il fait des pieds et des mains pour les voir de plus près.

Je ne sais pas pour vous mais ici à l’Agence on aime bien quand tout se passe bien, quand les clients explosent de joie à le vue de nos produits, quand ils les aiment tellement qu’ils ne savent plus lequel choisir, quand ils ne peuvent plus s’en passer ni même leur resister. Nous aimons ce monde parfait.

Si ça va bien pour vous, ça va bien pour nous.