Nul en anglais ou nul en français ?

Aujourd’hui à l’Agence nous sommes partagés.

A ma droite, ceux qui pensent que la langue anglaise est probablement ce qui est arrivé de pire à la publicité française.


La tendance se confirme, l’anglais prend le dessus dans nos réclames, du coup terminé calembours et jeux de mots qui ne supportaient pas la traduction. Travailler et produire en anglais impose désormais aux publicitaires de mettre au placard ces petites galéjades qui offraient à la publicité française son petit supplément d’âme.

L’agence Business aurait-elle réussi à vendre sa  « fosse tranquille » si Eparcyl avait été un client international exigeant l’anglais comme  langue de travail (et donc de présentation) et la contraignant à ne concevoir que des campagnes potentiellement adaptable pour d’autres marchés ?

Il en va de même pour Aubert Storch, l’auto-proclamée «agence qui énerve» dont je n’ose pas imaginer qu’un jour elle soit obligée de travailler à une adaptation anglaise de son «0 tracas , 0 blabla », rien que d’y penser je me surprends à louer le seigneur pour que jamais la MMA ne se lance à l’international. Pour autant je dois admettre que leur Sofinco musicalement habillé par « Chihuahua » pourrait pour sa part peut être bien supporter le voyage…

Une partie de l’Agence est formelle, l’anglais nuit à la publicité en français (belle lapalissade by the way).

A ma gauche, ceux qui pensent que la langue anglaise est probablement ce qui est arrivé de mieux à la publicité française.

L’anglais, langue de la concision, de la synthèse et du droit au but ne nous ravit-il pas chaque jour lorsque nous écrivons nos briefs et pondons nos slides?

Que celui qui ne s’est jamais servi de quelques mots d’anglais pour camoufler la profondeur abyssale de sa pensée (ou bien le creux de  sa promesse) me jette la première pierre!

Et oui, l’anglais sauve des vies, grace à lui de nombreux planneurs, commerciaux et créatifs sauvent quotidiennement leur tête en se dissimulant derrière la langue de Shakespeare au détriment d’un français trop précis et univoque (trop bien compris par un interlocuteur qui pourrait le battre en brèche).

Sans l’anglais combien de strat’ n’auraient jamais été vendues ou de campagnes jamais achetées ? Aurait-on osé chez Peugeot signer une campagne nous intimant l’ordre de « laisser notre corps conduire» ?

Nous pouvons à juste titre remercier l’anglais d’avoir permis à cette campagne 208 d’exister. Peugeot n’en était d’ailleurs pas à son coup d’essai car dans son dernier spot pour la 107 la marque s’essayait déjà à l’anglais (cf. Independence Way) un message supplémentaire à destination des détracteurs de l’english : les jeux de mots ne sont pas l’apanage du français.

Du coup:

Finalement à l’Agence on a décidé d’adopter le globish tout en continuant à s’autoriser quelques contrepèteries en français: une solution temporaire pour ne froisser personne mais j’ai déjà commandé des méthodes Assimil pour tout le monde…(ils ont le choix dans la date).

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