Comment ne pas aimer les marques ?

L’autre jour à l’Agence on a croisé un petit gars qui venait nous poser quelques questions pour étoffer son mémoire d’école de com’ (dont le nom m’a échappé, sûrement un acronyme avec PUB ou COM dedans,…).

Et lui de nous interpeller:

‘J’suis trop content d’être là, moi j’adore votre métier,  j’adore la pub… j’suis un vrai publivore pur jus! »

Cet élan de spontanéité  provenant de ce remuant jouvenceaux m’a alors transpercé, j’ai eu une sorte de révélation: il faisait fausse route et j’avais enfin compris pourquoi les métiers d’agence généraient tant de déçus et de désabusés.

Tout au long de ses études on lui avait appris à aimer la publicité et la communication sous toutes ses formes, à aimer les belles campagnes pour ce qu’elles sont mais hélas pas toujours pour ceux qu’elles servent.

Pourtant la tournure couramment utilisée pour qualifier notre activité ( »on travaille DANS la pub » et pas  »POUR la pub’)‘ ne plaide pas en faveur de ce  »pubard-centrisme ».

C’est en effet bien pour les marques que nous œuvrons quotidiennement, et c’est d’elles dont nous devons tomber amoureux, pas simplement de leurs prises de paroles (aussi séduisantes et enjôleuses soient-elles).

A mon plus grand désarroi, chaque année, des promotions entières d’amoureux de la pub se retrouvent effectivement plongés dans des agences idéalisées qui ne parviennent pas à leur offrir ce qu’ils étaient venu y chercher: il en résulte hélas des cohortes de commerciaux, de planneurs et de créatifs désabusés puisqu’au service de marques qu’ils considèrent comme l’ennemi de leurs idées géniales et de leur efficacité sans faille.

La solution?

– Continuer tant bien que mal à développer cet amour des marques si cher à Saatchi&Saatchi et son Lovemarks.

– Ne plus se priver d’une bonne dose de Kapferer dans tous les cursus destinant aux métiers d’agence (tel que nous en parlions ici ).

– Donner encore plus d’intérêt et d’attention aux ouvrages tels que le récent Ecce Logo de Gilles Déleris et Denis Gancel qui fondent et justifient cet amour des marques par ce qu’elles représentent d’essentiel dans nos sociétés et parce-qu’il est toujours aussi passionnant de les accompagner, de les faire grandir, mûrir et évoluer.

D’où ma réponse au jeune étudiant venu nous visiter : « les marques tu les aimes ou tu nous quittes ! » .

Réponse un peu sèche que je me suis empressé d’atténuer par un : « non mais je te taquine,  je me suis un peu emporté,…ça te dirait un calepin avec le logo de l’Agence ? »