Mad Men Syndrome

Gros débat à l’Agence:

Doit-on laisser notre stagiaire fumer la pipe dans le bureau ?

Cela fait déjà plusieurs semaines qu’il se prend pour Don Draper et nous avons eu beau lui interdire le Whisky rien n’y fait.

Après la génération Beigbeder (sauce 99fr): « la pub’ c’est cool on fait tout ce qu’on veut, il suffit d’avoir des idées et de se droguer » faudra-t-il affronter la génération Mad Men:  « la pub’ c’est un truc de mec où on se fait plein de blé et on rigole entre potes » ?

Une femme, une pipe, un pull...

En omettant cette illustration hors de propos, la réponse est non.

En effet la masculinisation à l’extrême de notre stagiaire n’est qu’un épiphénomène. Alors certes il y aura toujours quelques brebis galeuses qui cultiverons nombre de légendes et de préjugés sur les métiers de la communication, mais de là à ce que le tabagisme frénétique de notre stagiaire puisse faire office de généralité, il n’y a qu’un pas que je ne saurais franchir.

Là où 99 francs a su cultiver l’illusion, Mad Men cultive lui au contraire le fantasme (celui d’une secrétaire rousse aux mœurs frivoles et d’une époque où ‘travailler saoul‘ et ‘bien travailler‘ étaient synonymes), il est donc en ce sens bien difficile d’en vouloir à cette série qui a déjà au moins le mérite d’exister depuis 4 saisons (R.I.P Flash Forward).

La Police a ses Experts, les médecins ont House, comment pourrions-nous nous priver de tels ambassadeurs (capables d’expliquer la différence entre D.A et C.R ou bien de montrer le déroulement d’un Plans Board à tout un chacun). Il existe chez les Mad Men un vrai côté pédagogique et peu importe qu’ils soient machos ou sans vergogne, les seules coupables ce sont les 60’s.

Alors oui aux fantasmes et à cette image un peu plus ragoutante de nos métiers que celle distillée par le dramatique « Seconde Chance » (qui heureusement ne trouva jamais son public).

En revanche nous allons devoir sevrer Kévin au plus vite…