Blouse blanche et Télé couleur

Les temps sont durs, mais est-il vraiment nécessaire de promouvoir une innovation technologique quand celle-ci ne révolutionne pas le marché?

A l’heure où en télévision (plasma, lcd, led etc…), la guerre de l’innovation se joue sur le territoire de la 3D (encore un exemple ici), continuer à parler de « couleurs flamboyantes » c’est un peu comme s’acharner à vanter le mode appareil photo d’un téléphone portable (ce que certain continuent pourtant aussi à faire: à voir ici ).

Pourtant, alors que Samsung, Panasonic Sony et consors nous mijotent de splendides campagnes 3D, Sharp a pris le parti de rester sur « des couleurs jamais vues«  reprenant par la même le flambeau du « colour like no other » délaissé par Sony ( au profit de son « Make.Believe« ).

Hélas voici ce que ça donne:

La technologie Quattro de Sharp semble être une réponse au Trinitron de Sony (disparu du marché français à l’aube dans l’an 2000). Nul doute dès lors que cette campagne a dû être longuement murie…, et pour une riposte il s’agit d’une riposte, Sharp attaque frontalement le claim que portait son concurrent pendant les 90’s. Quelle prise de risque !

Une vraie bonne campagne comme on aime à l’Agence: « stratégie béton et exécution champagne«  . Magnanime, sans la signature façon Richard Gotainer (« il faut le voir pour voir« ), j’aurais sûrement pu passer l’éponge…

Pas la peine de visionner en boucle les spots Bravia (Balls, Paint, Play-Doh ) pour s’en convaincre, ce spot australien de 1991 démontrait déjà que pour parler de couleur l’intervention de l’ingénieur en blouse blanche et de l’humour rasoir n’était pas vraiment obligatoire.

J’adresse tout de même un chaleureux  » Welcome Back  » à Sharp qui n’avait pas su susciter autant d’intérêt de ma part depuis ses campagnes Cantona signées Euro RSCG (à revoir ici).