Cannes et son raz-de-marée digitalo-médiatique

Dans un post précédent j’évoquais les chances françaises pour les Lions 2009. Article que j’avais pris la peine d’illustrer avec une petite dizaine de campagnes, parmi lesquelles, j’ai finalement eu présage du Grand Prix print de Fred & Farid pour Wrangler,  ainsi que  de 4 lions d’or et un lion d’argent.

Wrangler Fred Farid

Quel joli pronostique me direz-vous? Mais cela ne doit hélas rien à mon talent, et tout aussi peu à la chance.

En effet, le succès des agences françaises dans les catégories « vieille-école« , print et outdoor était hélas prévisible.

Purgées des grosses écuries anglo-saxonnes, ces catégories sont désormais à la merci de nos créatifs, car contrairement à nous, les Crispin Porter, Droga 5, Wieden+Kennedy ou Goodby Silverstein, ne perdent plus leur temps dans de quelconques one-shots récompensés pour leurs illustrateurs ou leurs photographes bien plus que pour leur pertinence stratégique.

Les agences américaines, par exemple, totalisent 5 lions, en affichage, et seulement 2, en presse. En revanche, elles écrasent littéralement leurs concurrentes dans le palmarès «cyber», avec 23 trophées

Extrait du Figaro

La catégorie reine est désormais aussi celle de l’Integrated Campaign ou du Titanium, qui cette année a vu l’emporter la campagne présidentielle de Barack Obama, le Facebook-based « Whooper Sacrifice », ainsi que le lancement dans le métro New-yorkais du dernier album d’Oasis.

Burger King Whopper Sacrifice

En outre, pour la première fois depuis la création du festival, le Grand-Prix film s’avère être un film au format originalement web, réalisé par DDB Amsterdam pour Philips (Qui l’aurait cru?!).

Mon agence (L’Agence) étant en faillite, je n’ai pas vraiment de conseils à donner, mais une chose est sûre, la belle moisson des agences françaises à Cannes (23 prix dont aucun en titanium et un seul en cyber) est loin d’être une bonne nouvelle quant à la santé de l’industrie publicitaire dans notre beau pays, puisque plutôt symptomatique de l’immobilisme médiatique et de la résistance digitale de la communication française.

J’ose désormais éspérer que les  autoproclamés « hot-shops créatifs » parisiens (Marcel, Fred et Farid, ou Buzzman) enfin gratifiés de quelques lions, sauront passer à l’étape supérieure en tirant tous les réseaux vers le haut: vers plus de campagnes, plus d’initiatives, plus de génie numérique, et plus de tornades médiatiques.